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Retour sur la journée " la passage au bio c'est possible"

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Une porte ouverte organisée par la Chambre d'Agriculture le 14 décembre 2018 dans les Portes du Luxembourg a permis d'échanger sur son expérience. 19 personnes étaient présentes dont 10 agriculteurs extérieurs.

Après de nombreuses années en production laitière conventionnelle, Jean-Marie PIERRE a passé le pas et livre aujourd'hui son lait bio chez Biolait. Cette décision est le fruit d'une longue réflexion.

Dans un système intensif depuis 1987, les vaches étaient nourries au maïs. L'agriculteur était plongé dans le monde de la génétique et des concours jusqu'à la crise du lait de 2009. Le contexte actuel invitait alors à passer le pas avec une demande croissante de produits bio et des prix attractifs.

Depuis, M. Pierre a remis le pâturage au centre de son système, il a arrêté le maïs et a quitté le monde de la génétique. Il a finalement choisit un système plus extensif et le bio lui a permis d'être reconnu dans cette « dés-intensification ».

La conversion non simultanée à l'agriculture biologique a été faite en mai 2017. Aujourd'hui, avec 60 VL en bio sur 120 ha, la production visée en bio est de 360 000L.

La motivation de l'agriculteur vient d'une recherche d'autonomie, d'une quête de sens dans son travail et d'un besoin de reconnaissance.

L'agriculteur disait alors : « pour que la conversion se passe bien, il faut d'abord être prêt dans sa tête, être prêt à se lancer dans un système qui subira des adaptations et des remises en questions ». En effet, le système bio étant basé sur un système imitant davantage la nature, il est voué à de multiples changements. Pour bien partir, il faut s'assurer que son troupeau soit en bonne santé, d'avoir une bonne trésorerie et une exploitation qui fonctionne déjà en conventionnel.

Les engrais minéraux étant interdits, un maximum de 3 traitements antibiotiques/animal/an étant imposé et un minimum de 50% de l'alimentation devant provenir de l'exploitation, il est nécessaire de mettre un point d'honneur à l'autonomie alimentaire, sanitaire et en azote à travers un chargement conseillé à 1-1.10 UGB/ha et une simplification du système.

Disposant d'un robot de traite depuis 2010, et de 33ha accessibles, M. Pierre a choisi le pâturage tournant dynamique car il s'avérait être le plus approprié pour inciter les bêtes à pâturer avec de nouvelles parcelles chaque jour alors que le concentré proposé dans le robot pourrait les inciter à rester en bâtiments. Aujourd'hui, un pâturage de qualité et des portes de tri permettent une diminution des coûts alimentaires et une amélioration de la santé animale même si la production laitière a diminué.

La conversion a déjà montré des résultats chez M. Pierre. Le passage au bio a permis de diminuer les signes de mortellaro, de coccidioses et de diarrhées, et de moins de problèmes respiratoires. En parallèle, M. Pierre fait des croisements 3 voies (ProCross) en croisant les Montbéliardes, les Holstein et les Vinking Red, ce qui permet d'introduire de nouveaux gènes et de viser ainsi une meilleure résistance, une meilleure reproduction et une meilleure efficacité alimentaire.

Enfin, les échanges de cette journée ont été riches : ils portaient sur l'alimentation, sur la gestion du pâturage et du troupeau, le robot de traite, sur les exigences portées par le cahier des charges. M. Pierre concluait qu' « aujourd'hui, le bio me permet d'être plus libre et indépendant par rapport aux entreprises génétiques et aux coopératives. Je suis plus paisible car mes charges opérationnelles ont baissé et l'image que cela me donne est satisfaisante ».

Si vous êtes également intéressés par l'agriculture biologique, n'hésitez pas à vous renseigner auprès de la Chambre d'Agriculture des Ardennes au 03.24.33.89.65 ou 03.24.33.89.64.

L'office de tourisme des Portes du Luxembourg à Lille

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